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dimanche 14 juillet 2013

Des cercueils à la décharge


SUPER TRASH LE FILM que fait VEOLIA des... by Marianne2fr

Me suis souvent demandé ou finissaient les sépultures en fin de concession , je pensais naivement qu' elles étaient "recyclées" dans une fosse commune , ben non , à la décharge ! 


Le réalisateur Martin Esposito nous livre, en exclusivité, un premier extrait de son film « Super Trash », récit de 14 mois passés dans une décharge du Sud-Est de la France. Dans ce lieu géré par une filiale locale de Véolia, sa caméra a « débusqué »… des cercueils ! Il nous raconte… 

 

 « J’ai eu la possibilité de filmer deux fois des cercueils durant les 18 mois de tournage. J’en entendais parler depuis mon arrivée, mais la décharge était si grande que je les ratais à chaque fois. Pourtant un des travailleurs me disait qu’il y avait des arrivages quotidiens de cercueils sur le site.
 
La première fois que je les ai vus, c’était surtout des empilements de planches pourries, mélangés à des cheveux, des vêtements et des os éclatés. Un jour, un camion pousseur arrive et là, au milieu des planches, je découvre ce cercueil d’enfant, avec dedans une grande quantité de chaux. Il y avait une sorte de poussière qui sortait de ce cercueil. J’essayais à tout prix de ne pas trop m’approcher pour éviter de respirer cette poussière. De ce que je sais, c’était des cercueils en fin de concession, qui devait dater d’une soixantaine ou une centaine d’années.
 
Parmi les travailleurs il y en avait qui était choqué de ce spectacle. Je me souviens de l’un d’entre eux, qui était musulman et qui s’empressait de recouvrir les cercueils car pour lui c’était très malsain, presqu’un sacrilège. Et puis ça les ramenait à leur condition de travail, sur les risques que l’on prend quand on est sur une décharge. Il y a beaucoup d’accidents mortels.
 
Pour moi cette décharge, c’est une sorte de site archéologique du présent. Si ça se trouve dans cent ans, il y aura des chercheurs qui retrouveront les restes de ces cercueils au milieu de la décharge et qui se diront que c’était une forme de coutume de notre époque de les balancer au milieu des ordures.
 
C’est étrange, mais la capture de ce moment est arrivée à la fin du tournage, comme si mon parcours initiatique s’achever et qu’avant de partir il fallait boucler la boucle. Cette décharge c’était le symbole de la fin de tout. Il y avait les moquettes du festival de cannes, les prospectus, les décors et à au milieu de tout ça… des cercueils. » 

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