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lundi 6 juin 2011

Fukushima : Le Gouvernement ne dit pas la vérité sur la gravité de la situation

Les journalistes Yuka Hayashi et Toko Sekiguchi viennent de réaliser pour le WALL STREET JOURNAL une interview d’Ichiro Ozawa qui n’est autre que le principal rival de longue date du Premier Ministre Naoto Kan du Parti Démocratique. Ses réponses aux questions des journalistes sont diamétralement opposées à la sérénité affichée par le gouvernement actuel, elles donnent un aperçu inusité sans concession sur le devenir du Japon.
D’entrée Ichiro Ozawa considère qu’en fait, "la réalité est que depuis 70 jours la situation des réacteurs nucléaires de Fukushima Daiichi est toujours hors de contrôle .

Si cette constatation n’est pas une surprise pour les initiés, néanmoins venant d’une personnalité politique de premier plan japonaise, cela démontre qu’il y a au plus haut niveau politique une prise de conscience de la gravité de la situation, ceci même en fonction du bémol issu du personnage, controversé et instrumentalisant la catastrophe pour ses ambitions le tout sur un fond de crise économique.

Il n’en reste pas moins qu’Ichiro Ozawa critique la gestion de la crise par Naoto Kan, cela reste évidemment dans la normalité du jeu politique, mais son interview ne s’arrête pas aux critiques, il analyse l’avenir et cela fait l’effet d’une douche froide non seulement dans son propre parti, mais dans tout le Japon. Sic, [...] L'anxiété et la frustration sont de plus en plus palpables.

Les gens ne peuvent pas vivre dans les zones contaminées. Ces zones sont de plus devenues totalement inhabitables. Le Japon a perdu cette partie de son territoire. Si nous ne faisons rien, même Tokyo pourrait devenir à terme invivable (zone d’exclusion). Il y a une énorme quantité de combustible d'uranium dans la centrale nucléaire, beaucoup plus qu’à Tchernobyl, c'est une situation terrible.

Le gouvernement ne dit pas la vérité et les gens vivent dans un happy-go-lucky (ndlr : au petit bonheur, insouciance.

Un jour, il est possible que nous ne puissions ne plus être en mesure de vivre au Japon. Il est possible que la centrale nucléaire puisse atteindre de nouveau l'état de la criticité. Si elle explose, les conséquences en seront énormes. Actuellement il y a nécessité de décomprimer et décharger en permanence les enceintes de confinement pour maintenir les réacteurs hors explosion ou accessibles, se sont d’importantes pollutions radioactives qui sont libérées de façons chroniques. Donc, en ce sens, c'est peut être encore pire qu’empêcher la centrale d’exploser. Ces pollutions radioactives vont durer encore pendant une longue période de temps. Ce n'est pas une question d'argent, mais de vie ou de mort pour les Japonais. Ichiro Ozawa (AP Photo AP/Shuji Kajiyama)

Si le Japon ne peut pas être sauvé, c’en est fini du peuple japonais (ndlr : sous entendu contraint à s’exiler). On peut toujours diffuser des fausses informations pour tromper la population, mais au final c’est elle qui supportera le fardeau. Le gouvernement doit être déterminé et tout faire pour mettre un terme à la pollution radioactive, peu importe ce qu'il faut, de l'argent ou autrement. Le peuple japonais est en droit de savoir pour comprendre la situation.

On peut rajouter que TEPCO abreuve toutes les 3 heures les médias d’informations, généralement futiles ce qui en stratégie permet de masquer l’essentiel. Pire, il y a actuellement consensus au Japon sur un blackout de certaines informations, notamment celles relatives au plutonium ou des constatations que beaucoup de Tokyoïtes commencent à se poser depuis quelques semaines sur des signes inhabituels concernant leur santé, les problèmes ne sont pas psychosomatiques, mais reposent sur la réalité. Le problème est que les autorités sanitaire Nipponnes admettent n’avoir pas de modèles disponibles concernant la toxicocinétique.

Accès aux annonces quotidiennes de l'Asahi Shimbun, traduites en françaishttp://www.cartoradiations.fr/

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